EDITO : Les députés font un premier pas

Vous le savez, depuis cet été, le mouvement sportif s'inquiète.
Alors que les travaux sur la nouvelle gouvernance du sport laissaient entrevoir au printemps une vraie révolution dans la gestion du sport en France, les annonces budgétaires ont fait l'effet d'une douche froide. Une nouvelle baisse du budget des sports était annoncée, amplifiant l'effet dévastateur du budget 2018 sur l'ensemble du monde sportif amateur.

La mobilisation du mouvement sportif, organisée, comme il se doit, autour de son représentant légitime, le CNOSF, a été forte. Pour la première fois, une action d'envergure, la pétition nationale « Le sport compte », a été lancée. Elle a été soutenue largement par nos champions.
Avec 100 000 signatures en 24 heures, elle a démontré que les dirigeants du sport français étaient on ne peut plus inquiets.
Avec 250 000 signatures au bout d'un mois, elle a aussi montré que la mobilisation de l'ensemble des clubs sportifs et des pratiquants n'était pas au rendez-vous.

Cela étant, comment s'en étonner, alors que le CNDS, dont le nom signifie, rappelons-le, Centra National pour le Développement du Sport, n'a cessé de relever depuis plusieurs années son plancher de subvention, privant de plus en plus de clubs d'une possibilité de soutien financier par l'État ?
Comment s'étonner que les dirigeants et bénévoles impliqués dans les petits clubs ne se soient pas sentis concernés par une action qui était surtout vue, à tort, comme destinée au Haut-Niveau et aux Fédérations ?

Pourtant, cette action n'aura pas été vaine. Alors que l'on doute souvent de la pertinence de ce type d'actions, un premier résultat positif a été enregistré en ce lundi 22 octobre : lors du débat parlementaire sur le Projet de Loi de Finance 2019, les députés, en première lecture, ont adopté un amendement augmentant de 15 millions d'euros le budget affecté au CNDS. C'est un premier pas, qui ne serait certainement pas arrivé sans la mobilisation importante du Mouvement Sportif.

Dans le même temps, les députés ont également acté la suppression du CNDS et son remplacement par une « Agence nationale du sport chargée de la haute performance sportive et du développement de l'accès à la pratique sportive ». À ce stade, il n'est pas possible d'en dire plus : l'organisation de l'agence de même que le détail de ses missions relève d'une nouvelle Loi, actuellement en préparation à partir du rapport établi après la concertation sur la nouvelle gouvernance.

Pour autant, est-ce suffisant ?
Cela ne compensera pas les baisses drastiques que nous avons subies, depuis deux ans. Rappelons que, pour le sport amateur sur les territoires, ce sont 33 millions d'euros qui ont été amputés en 2018, aboutissant, par effet mécanique, à une baisse de 50% des subventions territoriales...
Cela ne garantit pas un fonctionnement optimal de la nouvelle agence.
Mais c'est un premier pas qu'il nous convient de bonifier, voire d'amplifier.

La mobilisation n'est pas terminée.
Au contraire, tous les sportifs, tous les licenciés doivent se sentir concernés.
Il en va de l'avenir de notre modèle, et surtout de notre engagement.

Sans vous, sans nous, les bénévoles du mouvement sportif, le sport serait limité à une très faible part de la population.
Sans vous, sans nous, l'accès au sport dans les zones rurales et dans les quartiers serait impossible.
Les amendements adoptés au cours de la discussion budgétaire vont dans le bon sens.
Mais ils ne suffisent pas. Une vraie politique ambitieuse du sport passe par une action commune de l'ensemble des acteurs publics, en phase avec le mouvement sportif.

Nous restons vigilants…

Patrick GIRARD,
Président du Comité Départemental Olympique et Sportif de la Vienne

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